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La guillotine de Saint-Éman

Crédit photographique : Dominique Midavaine
Crédit photographique : Dominique Midavaine
Crédit photographique : Dominique Midavaine
Crédit photographique : Dominique Midavaine
Crédit photographique : Dominique Midavaine

Après la cérémonie du 19 mars 1989 au cours de laquelle un arbre de la Liberté avait été planté pour commémorer le bicentenaire de la Révolution, les habitants du village se sont retrouvés au mois de juillet, jour de la fête nationale, pour une reconstitution de l’exécution de Louis XVI, sur le parvis de la mairie neuve, « la nouvelle maison du peuple ». Une carriole est tirée par un cheval tout au long de la rue Guermantes, rebaptisée pour l’occasion « rue de la Révolution », à l’ombre des prunus au feuillage couleur rouge sang. Dans cette carriole, sont transbahutés, le roi déchu, en la personne d’Antonio Figueira, avec, à ses côtés la reine Marie-Antoinette, sous les traits d’Ida Paillet avec une blonde perruque. Ils sont exhibés à la foule des « sans-culotte » en colère. Dans le cortège, les révolutionnaires, les hommes comme les femmes, arborent fièrement leurs cocardes tricolores portant bonnet phrygien pour les uns, et charlotte pour les autres.

Chacun est armé de pique, de serpe, prêt à en découdre avec la Maréchaussée pour défendre leur liberté. Sous les roulements de tambour, le citoyen Clopeau, tel Robespierre, debout sur l’échafaud, lit la sentence du Peuple « Louis doit mourir pour que la patrie vive ».

Au côté de la guillotine, le bourreau couvert de sa noire cagoule, un émanois chargé de la sale besogne et souhaitant garder l’anonymat, est prêt à actionner le couperet de sa diabolique machine. Sous les vociférations de la foule, le roi conspué fait une dernière prière, la tête déjà dans les nuages... Quelques révolutionnaires crient : « Vive la République ! Vive la Liberté »… Certains prétendent que l’on aurait entendu, pour toute réponse, du côté du château de Saint-Éman le cri de « Le roi est mort, vive le roi ! ».

La vilaine et macabre tâche exécutée, il n’y a plus qu’à se retrouver autour du verre de la fraternité, au bruit des canons qui s’entrechoquent parmi les éclats de rire, et danser une carmagnole endiablée avant de clore cette sympathique parodie et conviviale manifestation. 

(NDLR : nous tenons à préciser qu’au cours de cette reconstitution aucune victime n’est à déplorer et que chacun  a su garder la tête sur les épaules, et conserver son sang froid).

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